Mis en avant

Une première victoire pour KOJES…

Contrairement à l’idée qui veut qu’on puisse inviter la presse, ses amis et toute la communauté en général lors du lancement d’une activité et s’enfuir sans avoir songé à y mettre un terme ni à écrire aux invités et leur expliquer la raison ; ce dimanche marque la fin de la première édition du concours épistolaire qu’avait lancé le Collectif des Jeunes Soleil (KOJES / Kolektif Jèn Solèy) sous le thème « Peyi lòk ».


Pourquoi le «  Peyi lòk » ?
D’abord, c’était la réalité du moment. Il était plus que nécessaire de restituer ce moment historique de la lutte du peuple contre un système qui atteint son âge historique mais qu’on veut tout de même perpétuer malgré les crimes que cela implique.


Ensuite, il fallait donner plus de possibilité aux individualités. Très souvent, à la radio, on entend que ceux qu’on a l’habitude d’entendre. Ceux qui se font garants des voix collectives. Par conséquent, on oublie qu’il y a des gens qu’on n’entend jamais. Mais qui aimeraient dire comment ils ont vécu les mouvements, les situations qui les obligent à redéfinir leur rapport au milieu. D’ailleurs, il n’existe aucun endroit sur terre où tout le monde vit les choses de la même façon. En d’autres termes, avec les lettres, le Collectif des Jeunes Soleil (Kolektif Jèn Solèy) voulait rencontrer l’individuel dans le collectif. Car, on savait déjà que le collectif était cette foule qui crachait sa colère contre le gouvernement, contre l’élite économique qui danse sur la misère du peuple, contre la communauté internationale qui veut toujours instaurer le contraire des aspirations du peuple Haïtien. Et l’individuel était cette fille qui n’avait ni les moyens de se procurer des serviettes hygiéniques ni la possibilité de voir ses parents bloqués dans le sud du pays.


Et enfin, offrir à chacun la possibilité de voir l’autre dans sa dimension humaine et individuelle en dehors des caricatures ordinaires véhiculées quotidiennement par la presse.


La fin de cette première édition est donc une victoire. Une victoire contre l’idée véhiculée prétextant que les jeunes ne se réunissent pas. Qu’ils ne peuvent rien entreprendre de commun. Que le chacun pour soi est la base dominante des activités des jeunes. Et que les groupes de jeunes issus des quartiers populaires sont condamnés à reproduire la violence qu’ils subissent. Et que, par conséquent, ils sont incapables de proposer quelque chose de bon. D’utile à toute la communauté.


Ainsi souhaite-t-on que cette première édition soit un nœud pour un meilleur avenir…
Litainé LAGUERRE

Georges Eddy Lucien et son nouvel ouvrage : Le lieu à l’épreuve de la complexité appropriations et usages chez Joseph Antenor Firmin

Georges Eddy Lucien est professeur, chercheur et auteur de plusieurs ouvrages. Après ses études de premier cycle universitaire aux départements de sciences sociales et de mathématiques de l’École Normale Supérieure de l’Université d’État d’Haïti, où il est licencié en géographie avec mention urbanisme, il part poursuivre ses études à L’Université des Antilles et de la Guyane (UAG), et devient titulaire d’une maitrise en géographie avec mention Aménagement et d’un master 2 en géographie avec une spécialité.

Après quoi, il part boucler ses études de doctorat en Histoire urbaine à l’Université Toulouse-le-Mirail. Puis, il part à Montréal dans le cadre de son stage postdoctoral en étude urbaine à l’université du Québec.


Parmi ses publications, on retrouve notamment :
« Une modernisation manquée : Port-au-Prince (1915-1956) » qu’il a publié en 2013. Cet ouvrage est la reprise de sa thèse de doctorat soutenue en 2007 à l’Université de Toulouse-Le-Mirail. En novembre de la même année, il reçut un « Award of recognition », pour le même ouvrage.
« Little Haiti, si loin de Dieu et si près du centre-ville de Miami, 2015.
« Le Nord-est d’Haïti, la perle d’un monde fini : entre illusion et réalité » (Open for business), 2018.

Et en cette année 2023, il vient tout juste de publier chez C3 Editions « Le lieu à l’épreuve de la complexité appropriations et usages chez Joseph Antenor Firmin ». Un texte qu’on peut lire comme un roman tant l’écriture est légère et captivante.

Alors, je vous présente un extrait :
« Aussi, le vieil homme amorce sa renaissance. Celle-ci est le début d’une ère qui sonne le glas du système esclavagiste. […] Il s’introduit ainsi dans un monde sans limite. Son lieu est en effet un intervalle ouvert à droite. L’immensité de lieu est associée à un temps indéterminé. Ce sont, rappelle-t-elle, les premiers moments de balbutiements de l’épopée de 1804. Sans limite spatiales et temporelles puisqu’il s’agit, comme le veut Dessalines, de l’exporter partout. Juste et surtout pour un monde libre !
Ce lieu ouvert, proposé par Dessalines, est non hétérogène. C’est un lieu libre sans restriction de liberté. Toutefois, il est dissimilé et délégitimé. Dissimilé ! Cela va de soi puisqu’il remet en question l’ordre social et économique inhumain et inégalitaire de l’époque esclavagiste.
Délégitimé ! Dessalines, dans ce cadre, est campé comme un sauvage… […] mais peu de personnes connaissent la suite ininterrompue des crimes atroces de cet Africain (Dessalines) […] et dont la férocité ne peut être comparée qu’à celle des tigres qui habitent le climat qui le vit naitre. »

Le lieu à l’épreuve de la complexité appropriations et usages chez Joseph Antenor Firmin, p. 47.

Milieu : un poème qui conjugue la verticalité et l’horizontalité.

Milieu

près de la friche où je le fais courir
je me demande ce que pense mon chien
quand les chiens sauvages l’interpellent
et qu’il essaye de cacher
son corps horizontal
derrière la verticalité du mien.

est-ce la peur ?

peut-être qu’il ressent juste
qu’il est mon chien.
la honte du règne animal.

au même endroit les guêpes modulent
tout l’espace qu’elles rencontrent.
des planètes creuses et fragiles ondulent
sur les branches minces des arbres.
l’ombre de mon chien contre mon ombre
nous façonne. je suis pour lui
créature, dispositif, main qui promène,
nourrit, punit, caresse. par défaut
son milieu, niche de paumes et d’ongles.

Camille Ruiz, Catastrophe

Une première victoire pour KOJES…

Contrairement à l’idée qui veut qu’on puisse inviter la presse, ses amis et toute la communauté en général lors du lancement d’une activité et s’enfuir sans avoir songé à y mettre un terme ni à écrire aux invités et leur expliquer la raison ; ce dimanche marque la fin de la première édition du concours épistolaire qu’avait lancé le Collectif des Jeunes Soleil (KOJES / Kolektif Jèn Solèy) sous le thème « Peyi lòk ».

Pourquoi le «  Peyi lòk » ?
D’abord, c’était la réalité du moment. Il était plus que nécessaire de restituer ce moment historique de la lutte du peuple contre un système qui atteint son âge historique mais qu’on veut tout de même perpétuer malgré les crimes que cela implique.


Ensuite, il fallait donner plus de possibilité aux individualités. Très souvent, à la radio, on entend que ceux qu’on a l’habitude d’entendre. Ceux qui se font garants des voix collectives. Par conséquent, on oublie qu’il y a des gens qu’on n’entend jamais. Mais qui aimeraient dire comment ils ont vécu les mouvements, les situations qui les obligent à redéfinir leur rapport au milieu. D’ailleurs, il n’existe aucun endroit sur terre où tout le monde vit les choses de la même façon. En d’autres termes, avec les lettres, le Collectif des Jeunes Soleil (Kolektif Jèn Solèy) voulait rencontrer l’individuel dans le collectif. Car, on savait déjà que le collectif était cette foule qui crachait sa colère contre le gouvernement, contre l’élite économique qui danse sur la misère du peuple, contre la communauté internationale qui veut toujours instaurer le contraire des aspirations du peuple Haïtien. Et l’individuel était cette fille qui n’avait ni les moyens de se procurer des serviettes hygiéniques ni la possibilité de voir ses parents bloqués dans le sud du pays.


Et enfin, offrir à chacun la possibilité de voir l’autre dans sa dimension humaine et individuelle en dehors des caricatures ordinaires véhiculées quotidiennement par la presse.

La fin de cette première édition est donc une victoire. Une victoire contre l’idée véhiculée prétextant que les jeunes ne se réunissent pas. Qu’ils ne peuvent rien entreprendre de commun. Que le chacun pour soi est la base dominante des activités des jeunes. Et que les groupes de jeunes issus des quartiers populaires sont condamnés à reproduire la violence qu’ils subissent. Et que, par conséquent, ils sont incapables de proposer quelque chose de bon. D’utile à toute la communauté.

Ainsi souhaite-t-on que cette première édition soit un nœud pour un meilleur avenir…
Litainé LAGUERRE

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