Contrairement à l’idée qui veut qu’on puisse inviter la presse, ses amis et toute la communauté en général lors du lancement d’une activité et s’enfuir sans avoir songé à y mettre un terme ni à écrire aux invités et leur expliquer la raison ; ce dimanche marque la fin de la première édition du concours épistolaire qu’avait lancé le Collectif des Jeunes Soleil (KOJES / Kolektif Jèn Solèy) sous le thème « Peyi lòk ».
Pourquoi le « Peyi lòk » ?
D’abord, c’était la réalité du moment. Il était plus que nécessaire de restituer ce moment historique de la lutte du peuple contre un système qui atteint son âge historique mais qu’on veut tout de même perpétuer malgré les crimes que cela implique.
Ensuite, il fallait donner plus de possibilité aux individualités. Très souvent, à la radio, on entend que ceux qu’on a l’habitude d’entendre. Ceux qui se font garants des voix collectives. Par conséquent, on oublie qu’il y a des gens qu’on n’entend jamais. Mais qui aimeraient dire comment ils ont vécu les mouvements, les situations qui les obligent à redéfinir leur rapport au milieu. D’ailleurs, il n’existe aucun endroit sur terre où tout le monde vit les choses de la même façon. En d’autres termes, avec les lettres, le Collectif des Jeunes Soleil (Kolektif Jèn Solèy) voulait rencontrer l’individuel dans le collectif. Car, on savait déjà que le collectif était cette foule qui crachait sa colère contre le gouvernement, contre l’élite économique qui danse sur la misère du peuple, contre la communauté internationale qui veut toujours instaurer le contraire des aspirations du peuple Haïtien. Et l’individuel était cette fille qui n’avait ni les moyens de se procurer des serviettes hygiéniques ni la possibilité de voir ses parents bloqués dans le sud du pays.
Et enfin, offrir à chacun la possibilité de voir l’autre dans sa dimension humaine et individuelle en dehors des caricatures ordinaires véhiculées quotidiennement par la presse.
La fin de cette première édition est donc une victoire. Une victoire contre l’idée véhiculée prétextant que les jeunes ne se réunissent pas. Qu’ils ne peuvent rien entreprendre de commun. Que le chacun pour soi est la base dominante des activités des jeunes. Et que les groupes de jeunes issus des quartiers populaires sont condamnés à reproduire la violence qu’ils subissent. Et que, par conséquent, ils sont incapables de proposer quelque chose de bon. D’utile à toute la communauté.
Ainsi souhaite-t-on que cette première édition soit un nœud pour un meilleur avenir…
Litainé LAGUERRE




